mai 14, 2008

Vade mecum, filii.

O vous, expats’ retour des tropiques asiatiques, qui travaillés par l’insidieuse nostalgie, ô vous, étranges étrangers qui, aveuglés par les mille feux de la Ville lumière, vous faîtes une joie de votre prochaine visite à Paname, avez-vous eu l’élémentaire prudence d’actualiser vos données sur le Phapland et sa capitale ?

Non, évidemment. D’où l’intérêt du petit pense-bête suivant, les indispensables sur Paris et la France, les trucs à savoir pour éviter la boulette sociétale, la faute de goût dans la capitale de la mode :

  1. politique : “on a dit qu’on n’en parlerait pas” (comme on le répétait avant chaque repas de famille, fin XIXème sièce à propos de l’affaire Dreyfus ou début XXIème à propos des coups de tête de Zinedine Z.).
  2. médias/presse : vous ne serez pas dépaysés, ou si peu. Tout est verrouillé. A l’exception de quelques olibrius (type “Marianne enchaînée” ou quelques sites de la blogosphère), l’ensemble de la société médiatique “classique” diffuse une info quotidienne, assez étonnamment, tout-à-fait raccord avec la politique du gouvernement et l’idéologie d’icelui.
  3. population : bien que la Française soit la femme la plus féconde d’Europe continentale, vous aurez sans doute l’impression, venant de la Saïgon trépidante par exemple, qu’ici c’est un peu mort. Et vieux. En tout état de cause, ne vous attendez pas à vous demander toutes les 5 minutes comme à HCMV : “mais où sont les plus de 30 ans” ?
  4. maladies / vaccins : pas d’apparition récente de la peste, de la typhoïde ou de la dengue. Peu de reptiles dans les rues ; et le moustique hexagonal manque un peu de piquant par rapport à son confrère viêt. En revanche, Paris est envahi par un des représentants les plus moches et les plus nuisibles du règne animal : on ne parle pas ici du bouledogue français, charmant molossoïde baveux et pétomane qui fait le bonheur des élégantes panaméennes, mais bien sûr du pigeon des villes, aka “le rat volant” ou “la fabrique à guano” . Non content d’être laid (combien de visions d’horreur devant ces volatiles unijambistes se délectant de déjections canines), ce piaf est aussi un des plus gros pollueurs de l’hexagone. S’en méfier comme de la peste, les platanes sont nombreux et feuillus à Paris.
  5. mode : visiblement, mesdames, mesdemoiselles, la couleur du printemps-été sera le bleu : klein, roi ou tirant sur la parme, vous avez le choix, mais vous ne pourrez pas dire que vous n’avez pas été prévenues.
  6. culture : malgré les efforts pathétiques réitérés et unanimement reconnus par la presse (cf.point 2) du pittoresque bhl, force est de constater que depuis que Derrida et Bourdieu ne sont plus là, la figure et la renommée internationale de l’intellectuel français ont quelque peu pâli (pâle genre transparent tirant sur l’invisible). Si vous tenez à tout prix à humer l’air du temps culturel et multimédias, on pourra quand même conseiller les très précieux “Renaissance italienne” ‘d’Eric Laurrent, “Résidents de la République” de Bashung ou “Conte de Noël” de Desplechin (pas vu mais annoncé comme le plus beau film français depuis des lustres).

Bon et puis pour le reste, pour le fondamental, c’est à dire sur la façon d’appréhender le monde et sur la manière dont on envisage la vie en communauté, ce qui fait l’énergie vitale du pays et la palpitation quotidienne d’une société, vous devriez constater quelque différence avec le Viêtnam, genre faille spatio-temporelle.

A vous de voir et de juger, bienvenue chez les Phap, les jeunes.

Phở Bò

mai 5, 2008

Tibet ou quoi ?

Avec toute la polémique engendrée par les Jeux de Beijing, on se demande si la flamme olympique (passée par HCMC dans la plus grande discrétion) n’est pas destinée à mettre le feu aux poudres. Enfin cela donne lieu a de vibrantes passes d’armes et à des envolées burlesques dans la presse française.

On retiendra la sortie remarquée et colorée de Georges Frêche, “le pen” de gauche, contre le boycott. Le président de la région Languedon-Roussillon, non content d’enfoncer des portes ouvertes (”Sarkozy dit beaucoup de conneries sur la Chine“), s’essaye a des comparaisons couillonnes pour justifier la tutelle milieusienne sur le Tibet. L’indépendance ? “Et pourquoi pas les Basques, les Bretons, les Alsaciens et les Ch’tis ?” Etonnant qu’il évite de citer les Corses, les Kanaks, les Tahitiens et les Marseillais (oui parfaitement :)).

“Je lis que des conneries dans la presse. C’est le Tibet qui a envahit la Chine il y a 2000 ans, mais pour le savoir il faut avoir étudié l’histoire de l’Asie. Enfin ça m’étonne pas, on n’apprend rien dans les écoles de journalisme”

Poussons plus loin cet argument qui sent l’itinéraire bis et qu’on retourne comme un banh xeo. A ce compte-la, il sera donc aussi temps de rétrocéder le Vietnam à la Milieusie. Plus de 10 siècles de domination milieusienne puis de vassalité , une structuration sociale héritée de l’Empire, une littérature classique en idéogrammes, le triptyque confucianisme-taoïsme-bouddhisme-mahāyāna en font un exemple parfait d’excroissance impériale a la sauce pékinoise. Peut-être même plus près du modèle milieusien que ne l’est le Tibet. Mais apparemment on n’apprend rien dans l’exercice du pouvoir non plus.

Comme quoi, il n’y a pas que Sarko qui en dise de grosses. Les démagogues de gauche ne sont pas en reste.

avril 29, 2008

“On n’est pas sérieux quand on a 17 ans…”

Entendue à une heure de grande écoute par environ 11,8 millions d’hexagonaux (et sans doute par quelques bienheureux expatriés, grâce à cause de france 24 ou TV5), cette puissante pensée : “franchement, m’sieur pujadas, quand on est jeune on est inquiet, sinon c’est qu’on n’est pas jeune“.

Voilà, voilà.

Une pensée pour Arthur R.

Phở Bò

avril 17, 2008

La minute de Maître Capello : « la guerre d’Indochine » (1946-1954) 1

Alors qu’on le croyait mort et enterré -au moins politiquement-, le vieux leader nationaliste d’un parti raciste français qui connut son heure de gloire il n’y a pas si longtemps, occupait il y a quelques semaines les dépêches médiatiques hexagonales : le gros finaud venait en effet de comparer le déploiement de plus de 1000 policiers dans les cités des « DOP-TOP » (départements et territoires d’outre-périphérique)2 aux opérations d’envergure de la « guerre d’Indochine ». Outre le dégoût, cette phrase nous inspire quelques réflexions qui paraîtront peut-être un peu incongrues en ces temps où la capacité mémorielle des Français ne semble pas excéder une nano-seconde. 

Alors, pour mémoire, on dira juste que : 

  1. la guerre d’Indochine fut en effet marquée par des opérations d’envergure au cours desquelles le « corps expéditionnaire français » déplaçait, avec une discrétion éléphantesque, ses chars dans la rizière pour tuer des ennemis armés –au début en tout cas- de simples pétoires. Tactique aussi connue sous un autre nom : utilisation d’un marteau pour tuer des mouches. Les victimes du marteau étant souvent en l’occurrence les nha-qués 3du coin. Est-ce parce que Mao –puis Hô Chi Minh- a dit que le guérillero doit être au milieu du peuple comme un poisson dans l’eau que le peuple aussi doit être regardé comme un ennemi ?…
  2. la plus célèbre de ces opérations d’envergure de l’armée française fut l’opération « Castor » lancée en 1953 pour créer une base aéro-terrestre dans un bled du Nord-Viêtnam – Dien Bien Phu-, opération qui se solda quelques mois plus tard par le succès que l’on sait pour les stratèges de l’armée française…
  3. des flots de sang (plusieurs centaines de milliers de morts viêtnamiens et environ 100000 militaires français tués) furent versés durant cette guerre…
  4. ce long conflit donna lieu aussi au premier exode massif de Viêtnamiens au XXème siècle (les catholiques du Nord-Viêtnam ayant rejoint le Sud en 1954) ainsi qu’à la première utilisation du napalm dans la péninsule indochinoise (par les Français, lors de la bataille de Vinh Yên en 1951)…
  5. la défaite et le passage par les camps de rééducation « viêt-minh » traumatisèrent durablement une frange d’officiers français extrémistes qui allaient tenter quelques années plus tard un coup d’Etat depuis l’Algérie…
  6. parce qu’elle fut « coloniale » (chacun des protagonistes ayant tendance à nier dans ce genre de conflit la part d’humanité de l’ennemi) et souvent civile (viêtnamisation de la guerre sous l’impulsion de De Lattre, c’est-à-dire implication des Vietnamiens aux côtés des Français), cette guerre fut doublement atroce…
  7. la fatale conclusion de cette guerre, en scindant le Viêtnam en deux dictatures antagonistes, rendit inévitable la guerre suivante (celle des Américains, dont les bornes officielles sont 1965 et 75) au cours de laquelle une grande partie du territoire de la péninsule et pratiquement une génération de Viêtnamiens allaient être dévastés. 

Ah l’Indo, ses rizières et ses p’tites con gaïs (voir billet « Maître capello : encongaillé »), que de souvenirs pour certains nostalgiques … Oui, mais non, fallait pas la tenter, l’oser, la comparaison avec la guerre d’Indochine, elle n’était vraiment pas heureuse cette référence. Plutôt douloureuse au contraire.

Comme disait un des saints patrons de ce blog, « les cons, ça ose tout et c’est même à ça qu’on les reconnaît ».

 Phở Bò

Sur le sujet :

- A voir  :« La 317ème section » et « Le crabe-tambour » de Pierre Schoenderffer

A lire, entre autres : « La guerre d’Indochine » de Lucien Bodard ; les écrits de Jules Roy portant sur la période ; le numéro spécial du magazine « L’Histoire » : « Indochine – Vietnam ».

1 : 1946 (bombardement de Haïphong par les Français en novembre, appel à l’insurrection par Hô Chi Minh en décembre) est le début officiel de cette guerre pour la plupart des historiens (pour d’autres, c’est 1945, Hô Chi Minh ayant proclamé en septembre 1945 la République démocratique du Viêtnam). 
2 : respect à sébastien Fontenelle, du blog énervé  « vivelefeu ».
3 : point de connotation péjorative ici, le mot signifiant “paysan” en viêtnamien.

avril 11, 2008

Ca va mal ici…

(aka. jusqu’ici tout va bien)

J’ai comme l’impression que c’est la réponse que j’apporterais si d’aventure un expatrié quelconque, sous une tropique quelconque, dans un pays quelconque situé entre le golfe du Tonkin et la mer de Chine me demandait comment va la vie sur cette belle terre de France.
Eh voui, sachez, Saïgonnais, Hanoïens d’adoption, Viêtnamiens de coeur et d’esprit -qu’un climat agréable ou la survenance d’heureux évenements personnels ont pu momentanément détourner de l’actualité de ce phare de l’humanité qu’est la France-, sachez par exemple, que par ici la politique gouvernementale tout-à-fait progressiste à l’oeuvre depuis presque une année conduit méthodiquement, méticuleusement au démantèlement du service public français, et plus largement à la désagrégation du modèle social français.

“On est en faillite, les gars, plus un rond pour les mal-logés, les p’tits retraités, les sans le sou” nous répètent grosso modo et quotidiennement François la Mèche Fillon et son cortège de collaborateurs médiatiques. Ils nous assènent aussi jour et nuit que le fonctionnaire doit acquérir une culture de la performance et qu’il doit attacher au moindre denier public plus d’importance qu’à la prunelle de ses yeux.

On rit beaucoup, du coup, quand on apprend que la belle Rachida D., si provocante en une de “Paris-Match”, a été priée par les boss de Dior de leur restituer les 39000 euros de robes qu’elle avait “empruntées” et qu’elle a explosé de 100000 euros les frais de réception du Ministère de la Justice.

Sachez aussi que notre président-”résident de la République” (”un jour, je courirai moins ; jusqu’au jour où je ne courirai plus” : on t’aime Bashung 1) a dans l’idée d’envoyer 700 militaires français en Afghanistan et plus globalement dans l’idée que la France réintègre le commandement militaire de l’OTAN. Une riche idée à l’heure où le seuil des 4000 GI’s tués en Irak vient d’être dépassé et où “Courrier International” titre “USA : l’hyperpuissance, c’est fini”.

Bon évidemment, on passera sur le fait que la toise subie par le régime lors des dernières municipales a été unanimement interprétée par les caciques sarkozyens comme le signe évident que les “Français veulent en fait plus de réformes, plus vite, plus fort”. Caciques qui mettant leur menace à exécution, nous préparent notamment, les cons, une réforme sanglante du Code du Travail pour les gentils du privé et une révision à la hache du statut général des fonctionnaires pour les méchants du public.

 

Sinon, à part ça tout va bien, le prix du m² à Paris, c’est toujours environ 7000 euros, la baguette est à 1 euro et le paquet de clopes bientôt à 6 euros (les prix des fruits et légumes sont si indécents qu’on n’ose les citer).

Eh bien, figurez vous qu’assez étonnamment les derniers sondages montrent que dans ce contexte général, le moral des français est au plus bas. Bande d’ingrats, va.

La “kultur” française, elle, se porte comme un charme avec le film régionaliste de dany boon à plus de 10 17 millions de gogos spectateurs, en attendant le dernier opus art et essai de dubosc. On a les géants du rire qu’on mérite. Bien loin, presqu’un mirage, l’époque des Desproges et Coluche (ouais le gars en salopette qui racontait la vanne du type qui tombe du 10ème étage et qui à chaque étage dit “jusqu’ici tout va bien”).

 

Quant à nous, après avoir poussé l’amour du Viêtnam jusqu’à épouser une enfant du pays -certes née titi parigote-, on songe à des vacances, vite, loin, très loin d’ici.

Allez, tiens au pif, entre Luang Prabang et Mui Né, genre.

1 : dont le dernier album « Bleu pétrole » est déjà dans les bacs, merci pour lui.

Phở Bò

février 24, 2008

Le 4ème pouvoir (de nuisance)

On en connait qui passent leurs journées et leur année à se balader en tong, à se gaver de banh cuon, pour qui la vie déroule son cours heureux au milieu d’une ribambelle de petits n’enfants eurasiens, sous le soleil de Saïgon.

Et bien, on est persuadés en notre for intérieur -et c’est notre discrète et unique revanche- que ces nantis, ces privilégiés des antipodes éprouvent parfois comme une frustration, que leur bonheur n’est pas parfait. Leur manquent forcément de temps à autre des paysages du terroir natal, l’entêtant fumet d’une spécialité cuisinée par maman ou peut-être la glorieuse presse française, si difficile à trouver parfois sous certaines latitudes.

Les veinards, un journal français a pensé à eux, qui vient de réaliser une parfaite synthèse de la production de la presse française de ces 9 derniers mois. C’est là.

Voilà, comme ça, ils sauront pourquoi, les veinards, on dit parfois que la France actuellement c’est un peu la Corée du Nord et pourquoi depuis plus d’une année on ne lit plus que « So Foot » et « L’Histoire ».

Et ils goûteront d’autant plus leur bonheur, les exilés volontaires.

Quant à Albert Londres qui, dans la préface de « Terre d’ébène », écrivait « je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie », cela doit faire un moment qu’il a du se retourner dans sa tombe, le pauvre.

Phở Bò

février 18, 2008

Impressions soleil couchant

Le plus étrange, 48h après avoir quitté l’aéroport Than Son Nhat pour le « pays des chauves speedés » (1)…

 

  1. … ce n’est pas le sentiment de redevenir un rat métropolitain, un voyageur des souterrains panaméens

  2. … ce n’est pas la (re)découverte d’une presse française combative (« Paris Match : notre cahier spécial de 20 pages sur carla et nicolas » , « Elle » : nos conseils beauté pour la 1ère Dame ») voire virulente (« Le Point » : Sarkozy : ce qui cloche »)

  3. … ce n’est pas l’atroce fatalité de devoir recroiser dans le REuReu les sympathiques figures de cailleras à cannette 8-6 et casquette Louis Vuitton tombée du camion

  4. …ce n’est pas le fascinant spectacle des faces chiffonnées des parigots tombés sans transition du dodo au métro

  5. …ce n’est pas la désagréable morgue des gros Français baladant dans la rue leur bedaine de repus – surtout quant tu te souviens du sourire des deux petites en pyj’ rose sur cet ilôt du delta du MékongViktor Lazlo cette fois en pyj’ rose et sans son canoe

  6. … ce n’est pas de s’apercevoir que sous ces latitudes la majorité des nanas n’a apparemment pas une taille 34-36 ni des attaches de cheville ultra-fines ni un port naturellement altier…

  7. … non, le + étrange, quand 2 jours + tôt tu étais dans la Saïgon effervescente, c’est de te retrouver station « Opéra » en costard cravate à 8h du mat’ et de te dire que non, décidément, ta vraie place n’est sans doute pas pas ici - so far away de la contrée où on est tous le « petit frère » ou « l’oncle » de son voisin.

Phở Bò

(1) spéciale dédicace à vous, frères Podalydès, qui à la fin des 1990’s, avez su créér un bijou cinématographique de poésie tendre et hilarante (« Dieu seul me voit »).

février 16, 2008

Au Viêtnam

Léon Werth, Roland Dorgelès et Albert Londres ont, dans les années 20, ramené de leur périple en Indochine des ouvrages quelque peu mythiques (Cochinchine, Sur la route mandarine, Visions Orientales) dont la lecture peut violemment exalter l’imaginaire de p’tits Français - a fortiori de province.
Alors quand un de ceux-ci, ayant grandi et beaucoup lu, se rend au Viêtnam et confronte au mythe la réalité, du million d’images et d’impressions glanées, il peut extraire une petite vingtaine de modestes vignettes façon « je me souviens »…

 

  1. … Une bruine d’un froid pénétrant vous accompagne l’hiver au cours de vos déambulations dans les 36 rues historiques au charme suranné du vieil Hanoïrues d’Hanoi

  2. … des souffles d’air chaud vous accompagnent l‘hiver dans les larges avenues bordées de gratte-ciels de Saïgon en permanente ébullition

  3. … à l’arrière des vespas rouge carmin , les élégantes de Saïgon montent en amazone, pieds nus dans leurs escarpins vernis, une capeline intégrée dans leur casque de moto

  4. … sur leurs scoots pétaradants, les élégantes d’Hanoï , en cache-nez ou col roulé, portent des masques anti-pollution « kawaï »

  5. … sur leurs grands vélos noirs , les collégiennes d’Hué, en ao dai blanc, ont un port de princesses - et ce n’est pas un cliché pour « tay ba lo »

  6. … on peut être subjugué par l’intemporalité et la sérénité qui émanent du site du mausolée de Thieu Tri visité, seuls au monde, après avoir traversé les rizières vert irréel de la campagne d’Hué

  7. … des rivières, des grottes et des pagodes ont pour nom des parfumsdragons

  8. … mille dragons ornent les toits des pagodes et des temples, les escaliers de pierre moussue, les vases de porcelaine et les urnes en bronze centenaires de la cité interdite d’Hué

  9. … tout le monde sait que c’est un dragon qui a créée la baie d’Halong et on ne connaît le Mékong que sous son vrai nom : les « Neuf Dragons »

  10. …on peut voir dans de morbides musées des photos de Vietnamiens à qui les Américains plantaient des clous dans la tête entre 1965 et 75

  11. …on se demande fréquemment s’il existe des habitants ayant plus de 30 anspays de jeunes

  12. …sur les billets de banque riquiqui comme sur les panneaux 4mx4m au coin des rues, la débonnaire trombine de l’oncle Hô est légèrement omniprésente dans la vie quotidienne

  13. …on a parfois le sentiment que si la notion de recyclage des déchets était connue des habitants, l’ensemble du pays pourrait être classé au patrimoine mondial Unesco

  14. … il n’y a pas une, mais deux baies d’Halong, c’est dire

  15. …une des meilleures bières s’appelle ba-ba-ba mais on ne doit pas poser à 3 sur une photobaguette

  16. …c’est le paradis pour les gastronomes en culottes courtes et les esthètes de la baguette

  17. …sur les tables de tous les restaurants, on trouve des cure-dents, qui ne sont pas là pour faire joli

  18. …sur les bas-côtés de l’ancienne « route mandarine », au Sud, on peut voir des hamacs tendus entre 2 cocotiers, tandis qu’au Nord, des millions d’êtres humains s’activent frénétiques dans une vie qui semble de misère

  19. …dans la campagne entre Phat Diem et Hanoï, on voit toujours des paysannes pliées en deux dans la rizière, de la boue jusqu’à la taille

  20. … manger se dit « manger du riz »

  21. …on peut facilement mettre 3 heures pour faire 6 kilomètres en voiture, la veille du Têt

  22. …et on peut siroter, chez Fanny, un verre avec deux tontons Pháp dont on a mis depuis longtemps le blog dans la liste des favoris.

 

Au Viêtnam, évidemment, on reviendra.

Phở Bò

février 12, 2008

A nos vingt ans

anos20ans.jpg

Voilà un roman qui dépote : A nos vingt ans, de Nguyễn Huy Thiệp, (titre original : Tuổi 20 yêu dấu). Khuê, vingt ans, viré de chez ses parents, raconte ses pérégrinations à travers le Hà Nội contemporain dans lequel il ne fait pas bon être sans le sou… Rencontres avec la came, la prostitution, la mort. C’est un véritable conte initiatique qui - allez, osons le dire - est aussi important, d’un point de vue “vietnamien”, que Sur la route de Kerouac. Bien sûr, le livre n’est pas publié en vietnamien… Les censeurs n’ont pas dû apprécier certains passages qui mettent en pièce certaines institutions comme les médecins, les professeurs d’universités et même l’Assemblée Nationale : “J’allume la télé, il y a une retransmission en direct d’une séance à l’Assemblée. Les députés piquent du nez. On est en train d’ergoter sur les termes d’un article de loi. L’embrouille totale. Je vous dis, c’est la gestion du pays tout entier qui vasouille. Le peuple est en train de se leurrer, ça fait pitié à voir, les gens ont placé leur foi dans une bande de crétins qui puent”.

Quand on disait que ça dépote. VS.

A nos vingt ans, de Nguyễn Huy Thiệp. Traduit du vietnamien par Sean James Rose. Editions de l’Aube.

février 5, 2008

Charité bien ordonnée

Voila une nouvelle qui va ravir les Français qui peinent comme des fous a faire reconnaitre leurs épousailles vietnamiennes par les autorités consulaires :

[Claude Guéant] a précisé que Carla Bruni, d’origine italienne, “sera française” car “quelqu’un qui épouse une personnalité française devient automatiquement français”

Maintenant la question : qui peut se prévaloir du statut de personnalité pour pouvoir lâcher un pet retentissant sur la tête des autres ?

* celui qui dit Johnny dans le cadre d’une adoption récente gagne 10 graines de pastèque grillées.

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