novembre 4, 2009

Chercheurs, vos papiers!

On savait que la liberté d’expression était assez limitée au Vietnam, mais on sent depuis quelques mois un net recul de la liberté académique.  À la fin de juillet, le bureau du premier ministre a émis des restrictions sur la recherche scientifique et technologique.  Le décret 97 stipule entre autres que les chercheurs “n’auront des activités de recherche que dans les domaines listés dans le décret (la liste d’à peu près 300 items est dangereusement interprétative) et que s’ils veulent critiquer les orientations du Parti ou du gouvernement, ils doivent envoyer leur opinion aux autorités compétentes, mais n’ont pas le droit de la diffuser publiquement  avec le nom de leur institut de recherche” (article 2).  Autrement dit, il devient impossible pour les chercheurs de publier ou de présenter tout travail de recherche relié aux politiques gouvernementales.

Dans les semaines qui ont suivi, l’Institut de recherche sur le développement  (Viện Nghiên Cứu Phát Triển), un institut indépendant fondé en 2007 pour étudier les problèmes de développement économique et social a décidé de fermer ses portes.  La raison:  impossible de travailler.  La réaction du premier ministre a été de réaffirmer la nécessité du décret et de dénoncer les critiques non-constructives de l’institut.

Le climat de censure académique s’est accentué dans les derniers jours après la fermeture du site internet de Tia Sáng, le très conventionnel journal de la Ligue des associations scientifiques et techniques du Vietnam (Liên Hiệp Hội Khoa Học và Kỹ Thuật Việt Nam), vraisemblablement pour avoir publié un article du mathématicien Hoàng Tụy (version mystérieusement écourtée ici) critiquant les politiques éducatives du gouvernement.  Officiellement, le gouvernement n’a pas révélé les raisons de la fermeture du site, mais pour Hoàng Tụy, les raisons sont claires.

On a déjà les arrestations de blogueurs, aura-t-on bientôt des arrestations de chercheurs?

Gỏi Mít Non

octobre 2, 2009

Camembert Pride

self image Le nationalisme se porte bien, merci pour lui.

Certes le Vietnam est hors concours, dommage. On notera avec une certaine surprise que la France, pays du ronchon fait homme, se classe plutôt bien avec 78%  de fiers gaulois (un poil devant les Amerloques et les Ruskoffs) . Alors le Français chauvin aurait-il retrouvé la santé grâce à Nicolas ?

P.S. j’aime bien l’illustration de cet article où on voit de fiers Australiens buvant de la bière hollandaise plutôt que de la Foster :P

septembre 9, 2009

L’école, cette autre exception française

C’est la rentrée scolaire, on l’aura compris et on nous a promis une nouvelle école. Jusque là tout va bien. Mais ce symbole républicain auquel les familles d’expatriés restent attachées comme un petit bout de France est devenu la pomme de discorde n°1 de la communauté française. L’histoire est assez fabuleusement rocambolesque mais nous nous en tiendrons à quelques éléments seulement. En 2006, le com’ pop’ attribue (i.e. accepte de louer pour 50 ans) à la France un terrain de 2,5 ha pour construire la nouvelle école française qui regroupera les classes de la maternelle à la terminale, jusqu’ici éclatées sur plusieurs sites et regroupant plus de 600 élèves. Jusqu’ici ça se tient. Là où le bât blesse, c’est que ledit site est à Chaille-les-oies à l’extrême limite de la ville,  sur une route hyper-dangereuse et très encombrée, à proximité de briqueteries en activité et accolé à un peloton d’exécution. Des rumeurs de présence de produits toxiques dans le sol ont également couru. Autre point noir sur une situation déjà passablement acnéique: aucun système de transport scolaire n’est prévu donc les parents devront organiser leur propre système de cars de mômes en attendant l’hypothétique métro promis. On peut concevoir qu’ils renâclent. L’AEFE est bien embarrassée, d’autant que la cabale est également entretenue par un rapport frontal et quelque peu tendu avec le proviseur actuel chargé de faire passer la pilule mener le projet à bien. A terme, cela veut aussi signifier un déplacement possible d’une partie des expatriés français vers le 9ème arrondissement, perspective que la plupart ne sont pas prêts à accepter de gaîté de cœur.

alexdrduras

Et pour parachever le portrait rapide de ce nid de rancœurs en puissance, le nom du futur établissement lui-même divise les parents d’élèves : si tout le monde est d’accord pour que le nom soit celui d’une personnalité liée au Vietnam (on a même proposé le Général de Lattre de Tassigny si je ne m’abuse) la frange pro-enseignante, attachée à ses valeurs républicaines voudrait voir le nom de l’écrivaine Marguerite Duras en lettres d’argent sur le mur du futur bahut, les parents tradis quant à eux se sont entichés de l’avignonnais Alexandre de Rhodes, missionnaire de son état. Tout ce petit monde y va de sa pétition, tracts et remarques assassines sur le poulain de l’équipe adverse.

Espérons que cela pourra se régler autour d’un match de football, ça tombe bien, côté équipes françaises, la diversité est aussi de mise.

TC

juillet 10, 2009

C’est la crise!

Bon, c’est l’été, alors on fait dans le ludique… enfin presque.

Puis bon, ceux qui se plaignent n’ont qu’à en écrire, eux, des billets sur le blog de TC. Avec KCA qui ne sait plus faire que des billets en une phrase (heureusement il commente), certains doivent se demander si on ne nous a pas couper internet à la maison.

Revenons à nous moutons. Ma question est simplement la suivante : “Comment ressentez-vous la crise économique au Viêt-Nam ?”.

En fait, c’est parce que pour ma part, rien.

Enfin je ne parle pas de ma propre situation, car c’est vrai concernant mon activité (le tourisme, je rappelle), on a vu d’une part la fréquentation baisser plus que de normale pour la basse saison, et surtout le planning pour la haute saison tarde à se remplir.
En effet, une caractéristique du touriste en “temps de crise”, c’est qu’il se décide de plus en plus tard, voire sur place, car il espère toujours profiter de rabais de dernière minute.
Au final, les affaires ne sont pas mauvaise et pour ma part, je n’ai pas noté de baisse importante de mon chiffre d’affaire. Juste une modification du type de demandes.

Ce qui m’étonne plus c’est que quand je regarde autour de moi, je ne vois pas de signe concret de crise économique. Les restaurants sont toujours pleins, les cafés aussi, le prix de la bouffe n’a pas baissé, bien au contraire, et le prix de l’immobilier est toujours aussi incroyablement élevé dans un marché extrêmement restreint.
Lors des derniers jours fériés (autour du Tét et du 30 avril), les magasins ont été dévalisés.
Des maisons et des bâtiments continuent à sortir de terre, même si ensuite les immeubles de bureaux restent vides, comme avant. Cần Thơ reste avant tout une ville orientée autour de l’agriculture et un peu de l’industrie agro-alimentaire et de confection. Les secteurs des services et des technologies sont encore peu présents.
Les petites gens d’ici n’ont pas entendu parler de la crise, et pour eux tout va exactement comme avant. Pour ceux qui ont des usines et font des affaires, même s’ils ont vu une petite baisse de leur CA et une modification de la demande, ça ne les empêche pas de continuer à faire des projets.

En comparaison, le resserrement bancaire de fin 2008 avait beaucoup plus été sensible. Beaucoup de projets déraisonnables étaient tombés à l’eau, les gens devait rembourser des emprunts et se trouvaient forcés à vendre des terrains et des biens à des prix inférieurs à ce qu’ils avait payé quelques mois avant… Aujourd’hui, rien de tel.

CPD

avril 28, 2009

Bienvenue au pays

Ok, ça faire un peu figure de réchauffé, mais bon, en cette période de disette sur le blog, ce sera toujours ça de pris.

Il y a plusieurs mois (eh oui, déjà), mon épouse a été sollicitée pour une enquête (un sondage) nationale par l’intermédiaire du chef de quartier. Le gouvernement vietnamien avait lancé une opération visant les jeunes revenus d’études à l’étranger et séjournant dans les quatre grandes villes du pays.

L’entretien a bien duré presque une heure. Pas mal de questions pertinentes, quelques unes idiotes, et beaucoup de blabla.
Extrait des questions (je le fais de mémoire) : “Pourquoi êtes-vous revenue au pays?” (l’air de rien ça mérite de l’être posé), “A quoi vous servent vos études aujourd’hui?”, “Quelles étaient les difficultés rencontrées sur place?”…

Par contre je ne me souviens pas avoir vu dans la presse une quelconque retombée de cette enquête…

CPD

avril 6, 2009

Le déni

Vous avez sûrement entendu parler du massacre qui a eu lieu dans un centre d’immigration de Binghamton, dans le sud de l’État de New York, il y a quelques jours.  Le tueur fou, Jiverly Wong (ou Linh Phạt Voong), était un immigrant d’origine sino-viêtnamienne ayant eu beaucoup de difficulté à s’intégrer à la société américaine.  Je n’ai pas l’intention de m’étendre sur les détails sordides de l’affaire, mais son traitement par les médias viêtnamiens et Việt Kiều est assez révélateur d’une certaine conception de la viêtnamitude.

Dès l’annonce du massacre, les médias électroniques Việt Kiều ont soit essayé de passer la nouvelle sans mentionner l’origine viêtnamienne du tireur, soit  tenté de démontrer que son nom ne pouvait être viêtnamien (vu son orthographe pas très kinh).  Finalement, comme le prénom officiel laissait peu de doute, les blogs et les forums de la communauté ont essayé de se dissocier du tueur en le dépeignant comme étant Hmong, Nùng ou Chinois.  Autrement dit, les minorités ethniques font partie de la nation quand on veut justifier l’occupation de leur territoire, mais dès qu’un de leurs membres disjoncte, on se dépêche de rappeler qu’ils ne sont pas vraiment viêtnamiens.

Les médias du Viêtnam s’y mettent maintenant.  Après avoir d’abord observé une retenue surprenante en mentionnant l’origine viêtnamienne du tueur sans tomber dans le discours ethnique, ils semblent maintenant se joindre à ce concert douteux.  Thanh niên adopte par exemple une optique carrément raciste, essayant désespérément de suggérer que le tireur est Nùng d’origine chinoise.  Tuổi Trẻ adopte une approche moins directe, en mettant l’emphase sur une victime Việt tout en omettant de mentionner l’identité du tueur.

Ce qui est le plus triste dans tout ça, c’est que personne ne veut reconnaître qu’un grand nombre d’immigrants viêtnamiens en Occident, surtout des hommes, ont des problèmes d’intégration sérieux, que ce soit au niveau culturel ou économique.  Ça tourne rarement aussi mal qu’à Binghamton, mais ça mène assez souvent à d’autres problèmes, comme l’alcoolisme et la violence conjugale.  Pour préserver l’image de la communauté, on préfère laisser des gens souffrir en silence.  Ou éclater dans le bruit et la fureur.

Gỏi Mít Non

mars 16, 2009

Monsieur Alain.

Deux ou trois choses que l’on savait de lui :

  1. Des amies aux prénoms magiques : Gaby, Joséphine…
  2. Une philosophie de vie qui nous convenait tout-à-fait : “jamais souffrir, juste faire hennir les chevaux du plaisir…”
  3. Et même un point commun : “l’Asie, qui coule à mes oreilles”.

Et surtout, il était le plus grand rocker romantique français.

Siégera entre Gainsbarre et Coluche, parmi les figures qui donnèrent leurs lettres de noblesse à la pop culture française de la fin XXème-début XXIème.

L’écouter, le réécouter, savourer ses rimes à quadruples sens et ses mélodies hypnotiques, portées par la voix métallique reconnaissable entre mille.

Goûter ad libitum la subtilité et le sens de la dérision et l’éthique qui traversent et caractérisent son oeuvre – pour, entre autres, oublier la décadence politique et l’immoralité officielle régnant depuis deux ans en maîtresses tyranniques par ici.

Phở Bò

février 24, 2009

Implacable Angélique

Terrorize This

Terrorize This

Après avoir sévi inlassablement chaque été sur les écrans français depuis la nuit des temps,  elle qui a étrillé les sultans, mouché les monarques, corrigé les soudards, en gros calmé les ardeurs de la gent masculine du XVIIème siècle et fait les délices de plusieurs générations de petites filles, Angélique aka Michelle Mercier revient pour porter le coup de grâce à un éminent notable de la communauté française. Voilà qui est singulier. Elle dit avoir été roulée dans la farine par ce parfait honnête homme à la fin du siècle dernier alors qu’elle lui avait accordé sa confiance et son carnet de chèque. Sans doute est-elle jalouse de voir prospérer au Vietnam ce grand arnamateur et souhaite-t-elle s’approprier une partie de son magot. Mais de là à vouloir le voir galérien, tout de même, Michèle, vous êtes sans Mercier. Encore faudrait-il que la France souhaite le voir extrader alors qu’il était le fer de lance de notre présence économique ici et rencontrait tous les officiels de France et de Navarre pour leur vanter le Vietnam et sa douceur de vivre. Je le vis un jour tenter de fléchir une troupe de sénateurs quant à la dose maximale en cadmium autorisée dans les exportations vers l’UE, c’est dire si il a à cœur les intérêts du pays qui l’accueille. Le voilà bien marri et nous aussi.  Où est passé le temps où l’on pouvait disparaître dans la nature sans que le tintement de nos casseroles ne vienne troubler le calme, le luxe et la volupté de l’expatriation ?

TC

P.S. Michele,  si vous avez besoin de nègres pour écrire le livre qui sera tiré de cette sombre histoire, sachez que les Tontons sont à votre entière disposition. Je vois déjà la couverture en pourpre et rose chez Harlequin…

janvier 13, 2009

Ca sent le charter

HCMV – Sécurité sociale : Selon des statistiques, environ 500 personnes venues des pays africains séjournent à
Ho Chi Minh Ville. Plus de 90% d’entre eux ont un visa périmé. La plupart de ces étrangers ont un niveau de
qualification bas, peu de revenus et ne respectent pas assez la législation vietnamienne. Depuis 2006, la police
municipale a réceptionné plus de 200 infractions causées par des étrangers, dont une majorité est commise par ces
africains. (Thanh Nien, 26/11/08-p.3)

Jungle Fever. Le mot d’ordre semble assez clair.

décembre 3, 2008

Cuisine confusion

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Qui gère le Vinarama?

- Gỏi Mít Non