août 28, 2005...6:36

Dossier Libé “France : la jeunesse fout le camp” du 11 août

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L’éditorial de Gérard Dupuy finissait sur ces phrases : ” Beaucoup des jeunes exilés reviendront, certains détrompés, d’autres revigorés, tous plus riches d’expérience. Le cosmopolitisme dont une société est capable est aussi une preuve de sa maturité”.
Conclusion navrante à plus d’un titre. Elle fait preuve d’un ethnocentrisme regrettable : comment assimiler ces émigrés (plus juste que le terme d’exilés) à de pauvres brebis égarées et naïves, cherchant un pâturage plus vert que le leur et condamnés à revenir la tête basse sans avoir trouver la terre promise ? Ne serait-il pas plus loisible de se poser la question du pourquoi ? La France n’est pas à même de fournir un emploi décent à ses cohortes de dîplomés, doit-on les blâmer ou les plaindre sur un ton aussi condescendant pour autant ?
Mis en regard de l’excellent livre “Avoir 30 ans en 1968 et 1998″ qui pose les bons problèmes liés à l’entrée sur le marché du travail des ‘jeunes’, on peut émettre l’hypothèse que l’émigration constitue un choix, parfois courageux, parfois inconsidéré, qui coûte à ceux qui le font plus que leurs compatriotes l’imaginent.
Quant à la soi-disant maturité de la société française, peut-elle la démontrer en réintégrant ces jeunes partis faire leurs preuves sur des terrains difficiles et leur offrir une place à la mesure de leur expérience ? J’en doute.
Ceux qui reste jugent souvent durement ceux qui ont franchi le pas, en France comme au Vietnam, pour des raisons différentes. Pourtant, il n’y a pas de pays de Cocagne, c’est la première chose dont on acquiert la certitude en quittant les siens.

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