novembre 4, 2005...5:12

«Saigon. Le chantier des utopies»

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Didier Lauras, correspondant permanent de l’AFP au Viêt-Nam, dresse dans cet ouvrage une chronique de la ville de 1994 à 1996, période charnière dans la mesure où elle voit s’appliquer de manière effective le fameux «đi mi», avec notamment, la levée de l’embargo américain. Un des intérêts de ce livre réside dans la qualité des témoignages de ces hommes et de ces femmes qu’on a l’impression de déjà connaître : le vieux grigou d’origine chinoise, l’homme d’affaire qui a maille à partir avec les autorités pour obtenir une licence commerciale, l’ancienne prof de langues étrangères démise de ses fonctions à la libération, la jeune fille éprise de réussite travaillant dans une entreprise étrangère… Ce qui frappe, ce sont les anecdotes relatées, qui étrangement, trouvent toujours un écho dans le Saigon d’aujourd’hui : l’expropriation des vendeurs de «ph» en vue de la construction de l’Hôtel New World, les tentatives maintes fois avortées de faire appliquer la loi sur le port du casque, ou encore l’interdiction de la vente de pétards pour les fêtes du «Tết»… Enfin, à mes yeux, c’est aussi un livre qui a su faire apparaître en filigrane le charme presque villageois qui habite ces quartiers, dans lesquels on a encore l’occasion de discuter avec son voisin.
«Saigon. Le Chantier des Utopies»
de Didier Lauras, aux éditions «Autrement» (1997).

4 commentaires

  • Ahhh enfin un livre qui donne l’ impression de parler du Vietnam d’ aujourd’ hui et non d’ une edition du guide du routard?

  • WOW! J’apprends, par hasard, que le Didier Lauras en question a déjà porté les illustres couleurs de l’Olympique de Saigon!
    Troi oi! Vui qua nhi?

  • Ca m’étonne pas. A l’époque, suffisait de pouvoir prononcer correctement “fan de chichoune” pour faire partie de l’équipe. Si, si, j’te jure.
    Quand tu vois ce qui a perduré de cette période…
    Tiens, il n’y a pas longtemps, Nem Chua et moi étions conviés à une réunion de français et il fallait se présenter. Les gars prennent la parole à leur tour pour t’asséner, dans le blanc des yeux : “bonjour, je m’appelle Denis Manzetti et je suis au Vietnam depuis 13 ans” avec l’air de dire ‘petit jeune, les quarts de noblesse, ici, c’est nous qu’on les détient”. Avé l’accent, fatche.
    Faut pas les chatouiller les pionniers…


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