février 19, 2006...3:01
Chasse à l’homme
Non, je ne pensais pas au film malheureux de John Woo réalisé dès son arrivée à Hollywood, film mettant en scène un célèbre philosophe belge… Une autre fois peut-être.
Dans la filmographie vietnamienne récente, une mention spéciale est à réserver à ‘Nữ tướng cướp‘ de Lê Hoàng. Hormis le caractère improbable du scénario, la sensation sournoise de regarder un film hongkongais des années 1980 et le jeu larmoyant des actrices (je passe sur la performance de Lam Trường ), ce long-métrage surfe sur la vague des maux sociaux dont il est de bon ton de saupoudrer toute œuvre destinée à éduquer au public. Après tout, le fond important plus que la forme, on ne se sera pas fait pincer en état d’hétérodoxie manifeste, c’est déjà ça…
Court synopsis : 2 pauvres mignonnettes s’en prennent à de riche
s messieurs et les droguent pour mieux les dépouiller en se faisant passer pour de mignonnes pauvrettes. Bien sûr, le remord va s’insinuer dans le cœur de la plus jeune tandis qu’elle s’amourache d’un fils à papa égoïste mais propre aux entournures. Elles le capturent pour se faire verser une rançon et ce qui devait arriver arrivera, les méchants seront punis à la fin et les gentils finiront ensemble sur une plage de sable blanc. Indigent ? C’est aussi mon avis…Lê Hoàng applique l’équation jolies pépées = gros billets et nous offre une daube mijotée à la sauce maggi.
Mais quelle est sa valeur en tant que fable sociale ? Bien que le trait soit grossi, on reconnaît quand même une certaine catégorie de jeunes femmes avenantes, celles qu’on désigne sous le vocables de ‘mineuses’. Dotées d’arguments physiques certains (et si ça suffit pas, le FVH est là pour ça), elles tentent de mettre la main sur le plus gros portefeuille possible, histoire de se faire payer la sainte trinité : le scooter, le portable et tout le reste. On ne peut pas parler proprement de prostitution puisqu’il n’existe pas de tarification des gratifications. Ce phénomène antédiluvien reposerait sur un axiome anthropologique simplissime mais pas forcément simpliste : le mâle recherchant chez la femelle l’aspect physique tandis que cette dernière attends de son partenaire le meilleur accès possible aux ressources de façon à optimiser les conditions de vie de la progéniture. Un tel pragmatisme qui pourrait paraître choquant aux mentalités occidentales (où on le retrouve pourtant très couramment pratiqué) s’érige aussi en critère fondamental et affiché dans le choix du conjoint au Vietnam. Amour et mariage sont deux notions bien distinctes, à savoir qu’une notion engendre souvent l’autre mais pas dans l’ordre qu’on pourrait attendre.




7 commentaires
février 20, 2006 à 9:31
“On ne peut pas parler proprement de prostitution puisqu’il n’existe pas de tarification des gratifications”.MDR!!! Comme disait un gros: “Ce n’est pas celles qu on paye qui nous coutent le plus cher!”
Mais plus serieusement,bizarrement il y en a de plus en plus, paradoxe de la modernisation???
et ce qui est etonnant est leur arrogance affichee. Elles ne te parlent pas de prostitution mais de “securite”, tout a fait normal, comme tu le dis si bien: “attends de son partenaire le meilleur accès possible aux ressources”!
Sinon ++10, tres bon post.:O)
février 20, 2006 à 9:43
“Un tel pragmatisme [...] s’érige aussi en critère fondamental et affiché dans le choix du conjoint au Vietnam”
Tu veux dire bien sur que les occidentaux cherchent eux aussi plutôt une nana avec de la conversation qu’une avec de la culture. Bien naturel. Avec un effet de bord en Asie pour les “protecteurs en herbe” qui cherchent une petite de préférence timide et aux joues roses, ce qui nous revoit à un anthropologue bien connu, je parle de nguyễn Du.
N’allons pas croire que le monde des petites avenantes aux joues roses est un monde naturellement fait de timidité: les chiennes s’entredéchirent et se blessent à qui mieux mieux pour prendre le devant de la scène et attirer le… mâle dominant. friqué ou à défaut avec la grosse moto.
février 20, 2006 à 10:46
Pour reprendre une conversation orale (précision nécessaire dans notre cyber-civilisation) que j’ai eu dernièrement avec un exxccelllent ami, le mariage est avant tout juridiquement un contrat. Je me garde ici de parler de vie maritale et encore moins de relation episodique, pour rester dans l’étroit cadre de la morale (voir billet précédent).
Dans un contrat, chacun trouve ce qu’il veut, tant que l’accord est équilibré, moi ça ne m’émeut pas… ca se passe entre adultes consentants, non ?
Par contre l’histoire de la drogue c’est pas bien; j’espère que le film montre bien les méfaits de ce fléau… L’alcool c’est beaucoup mieux, et puis au moins l’état touche des impôts dessus.
Ma dernière nuance (très perso) : quand une personne de 60 ans s’imagine qu’une “petite avenante aux joues roses” l’approche dans un bar sous le seul effet des pheromones (ou du coup de foudre), je pense qu’elle risque gros pour son portefeuille…
Cela dit la vie est longue, complexe, et chaque histoire est différente. Passées les premières minutes, tout peut arriver (tiens ça me fait penser à une chanson de Stellla…).
PS: Pour ceux qui ne connaissent pas Stellla (l’inégalable Jean-Luc Fonck), jetez un oeil sur http://www.stellla.be/ .
février 20, 2006 à 3:27
friqué ou à défaut avec la grosse moto.
Non maintenant c’est grosse voiture, mais surtout pas Matiz.
Vecu: Un ami decida d’acheter une petite voiture pour que sa femme trimballe ses gosses en toute securite. Madame n’est jamais monter dedans, car c’etait trop “nha que” pour son standing!
A force de coup de geulle, elle arriva a persuader son mari de vendre la voiture au profit d’un scooter a 9,000$.
Resume: mieux vaut rouler sur la plus chere des motos que dans la moins chere des voitures.
février 20, 2006 à 3:41
Le lien que tu donnes montre bien que tout le monde n’est pas dupe quant à la crédibilité du film…
Pourtant, Lam Trường qui joue les otages, d’après la photo, ça doit valoir des points
février 20, 2006 à 5:32
Pour Vu Sua :
“Khi nào phim VN không còn những câu chuyện phi lý như thế thì điện ảnh VN mới phát triển được.”
En effet, ça calme comme critique de film…
Pour KCA :
c’est comme disait mon grand-père “mieux vaut etre grand chez les petits que petit chez les grands”
février 22, 2006 à 7:56
Milles excuses pour ceux qui auraient eu la curiosité de jeter un oeil sur le site de mon idole, je me suis un peu trompé dans l’URL.
Voici la bonne : http://www.welcome.to/sttellla
Un conseil, mettez votre ceinture.
(C’est un peu hors sujet ce commentaire mais il fallait que je rectifie).
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