février 12, 2008...4:05
A nos vingt ans

Voilà un roman qui dépote : A nos vingt ans, de Nguyễn Huy Thiệp, (titre original : Tuổi 20 yêu dấu). Khuê, vingt ans, viré de chez ses parents, raconte ses pérégrinations à travers le Hà Nội contemporain dans lequel il ne fait pas bon être sans le sou… Rencontres avec la came, la prostitution, la mort. C’est un véritable conte initiatique qui - allez, osons le dire - est aussi important, d’un point de vue “vietnamien”, que Sur la route de Kerouac. Bien sûr, le livre n’est pas publié en vietnamien… Les censeurs n’ont pas dû apprécier certains passages qui mettent en pièce certaines institutions comme les médecins, les professeurs d’universités et même l’Assemblée Nationale : “J’allume la télé, il y a une retransmission en direct d’une séance à l’Assemblée. Les députés piquent du nez. On est en train d’ergoter sur les termes d’un article de loi. L’embrouille totale. Je vous dis, c’est la gestion du pays tout entier qui vasouille. Le peuple est en train de se leurrer, ça fait pitié à voir, les gens ont placé leur foi dans une bande de crétins qui puent”.
Quand on disait que ça dépote. VS.
A nos vingt ans, de Nguyễn Huy Thiệp. Traduit du vietnamien par Sean James Rose. Editions de l’Aube.




8 commentaires
février 12, 2008 à 7:32
L’extrait pourrait aussi valoir pour une seance de notre venerable assemblee nationale francaise il me semble
La question etant de savoir si ce monocamerisme a un reel role legislatif et il semble en tout cas sortir de son role uniquement figuratif.
Mais je m’egare par megarde… En tout cas, j’avais adore Un general a la retraite du meme auteur.
février 12, 2008 à 11:56
Euuh dis moi, c’ est pas le bouquin qui a ete publier il y a un bail, ecrit apres que l’ auteur est decouvert que son fils se droguait et s’ est carrement mit sur une ile avec lui, pour le desintoxiquer?
Si c’ est celui la, on a tout de meme reprocher a son auteur le language force dans le trop cool, trop rebel…
février 13, 2008 à 8:46
Oui, c’est bien celui-la.
février 13, 2008 à 8:54
Dans la traduction, le registre est effectivement familier, avec enormement d’argot. Ca semble normal, puisque le narrateur a 20 ans.
Peut-etre qu’en vietnamien, dans sa version originale, ca passe effectivement beaucoup moins bien. Il faudrait etre bilingue et bien connaitre le langage “djeun’s” pour se faire une idee. Ce n’est pas mon cas.
février 18, 2008 à 6:32
Ouais le bouquin commence assez fort… s’enlise en cours de route dans un style d’jeuns rebel un peu force, et fini sur un ton moralisateur bien pensant tres decevant a mon gout. L’assemblee nationale c’est chiant, nos dirigeants sont des cons… mais la drogue c’est pas bien, alors ne faites pas comme moi, retournez a la campagne pour re-decouvrir les bonnes valeurs ancestrales de la famille et du travail de la terre, ca au moins c’etait le bon temps vain’dieu… Dommage.
février 18, 2008 à 9:45
J’essayerai de mettre la main sur le bouquin et sur le précédent du même auteur en rentrant en France en juin, il viennent compléter ma liste de courses.
Cela dit je pense qu’il ne fait “bon être sans le sou” dans aucune grande ville de cette planète, que ce soit Hanoï ou Paris.
Le film “Cyclo” bien qu’écrit et réalisé par quelqu’un hors du pays m’avait paru sublime avant de vivre ici et réaliste après avoir appris la situation réelle dans les années 90.
J’aime aussi les films de Ken Loach qui pour moi issu de la “classe moyenne” me rappelle que la charnière avec le quart-monde n’est jamais loin.
Et je suis toujours aussi ému en regardant “Ca commence aujourd’hui” de Tavernier avec Torreton puisque là les décors me sont familiers et les personnages proches.
Enfin, je m’éloigne du Viêt-Nam. Tout ça pour dire que la prostitution et la drogue sont des “fléaux sociaux” (TM), qu’écrire un bouquin dessus c’est bien mais qu’agir c’est mieux…
S’il te plaît, dessine-moi une révolution, une qui commence par “C’est la lutte finale, levons-nous et demain…” ah merde! ça a déjà été fait.
mars 9, 2008 à 4:32
Je trouve la traduction excellente et d’un style agréable. L’histoire a parfois un humour ironique. Seulement, je pense que NHT a fait un coup de marketing puant : il a pratiquement calculé son interdiction de publication parce que ça vend mieux en Europe. Ce livre est surtout invendable au Vietnam : La description de Hanoi 2002 est souvent Hanoi 1990. Il insiste sur la misère (les vieux appart de Gian Vo inhabitables (trop drôle)
Le service civil (qui existait encore en 1985 suprimé depuis longtemps)
NHT affirme “être un menteur qui fait ressortir la vérité” Seulement je ne vois pas trop comment.
Les mensonges historiques et les situations invraisemblables de ce livre font bien rire les Vietnamiens : Exactement comme notre proverbe, “les journalistes disent des impertinences, les écrivains pètent de mensonge”
juin 2, 2008 à 3:22
J’ai adoré ce livre, et je trouve que le parallèle avec “Cyclo” fait par un autre commentateur est tout à fait justifié. Il est évident que son style est inégal, son scénario un peu trop bien pensant, etc. Mais savoir qu’il a été écrit par un père pour son fils en rend la lecture assez bouleversante. Quant aux mensonges, ma foi… Heureusement que les romans existent !
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