Bon, c’est l’été, alors on fait dans le ludique… enfin presque.
Puis bon, ceux qui se plaignent n’ont qu’à en écrire, eux, des billets sur le blog de TC. Avec KCA qui ne sait plus faire que des billets en une phrase (heureusement il commente), certains doivent se demander si on ne nous a pas couper internet à la maison.
Revenons à nous moutons. Ma question est simplement la suivante : “Comment ressentez-vous la crise économique au Viêt-Nam ?”.
En fait, c’est parce que pour ma part, rien.
Enfin je ne parle pas de ma propre situation, car c’est vrai concernant mon activité (le tourisme, je rappelle), on a vu d’une part la fréquentation baisser plus que de normale pour la basse saison, et surtout le planning pour la haute saison tarde à se remplir.
En effet, une caractéristique du touriste en “temps de crise”, c’est qu’il se décide de plus en plus tard, voire sur place, car il espère toujours profiter de rabais de dernière minute.
Au final, les affaires ne sont pas mauvaise et pour ma part, je n’ai pas noté de baisse importante de mon chiffre d’affaire. Juste une modification du type de demandes.
Ce qui m’étonne plus c’est que quand je regarde autour de moi, je ne vois pas de signe concret de crise économique. Les restaurants sont toujours pleins, les cafés aussi, le prix de la bouffe n’a pas baissé, bien au contraire, et le prix de l’immobilier est toujours aussi incroyablement élevé dans un marché extrêmement restreint.
Lors des derniers jours fériés (autour du Tét et du 30 avril), les magasins ont été dévalisés.
Des maisons et des bâtiments continuent à sortir de terre, même si ensuite les immeubles de bureaux restent vides, comme avant. Cần Thơ reste avant tout une ville orientée autour de l’agriculture et un peu de l’industrie agro-alimentaire et de confection. Les secteurs des services et des technologies sont encore peu présents.
Les petites gens d’ici n’ont pas entendu parler de la crise, et pour eux tout va exactement comme avant. Pour ceux qui ont des usines et font des affaires, même s’ils ont vu une petite baisse de leur CA et une modification de la demande, ça ne les empêche pas de continuer à faire des projets.
En comparaison, le resserrement bancaire de fin 2008 avait beaucoup plus été sensible. Beaucoup de projets déraisonnables étaient tombés à l’eau, les gens devait rembourser des emprunts et se trouvaient forcés à vendre des terrains et des biens à des prix inférieurs à ce qu’ils avait payé quelques mois avant… Aujourd’hui, rien de tel.
CPD




16 commentaires
juillet 10, 2009 à 11:56
Avec KCA qui ne sait plus faire que des billets en une phrase
He, he ,he, he
You Better Run, You Better Do What You Can
Don’t Wanna See No Blood, Don’t Be A Macho Man
You Wanna Be Tough, Better Do What You Can
So Beat It, But You Wanna Be Bad
…
Just Beat It, Beat It, Beat It, Beat It
Hum, hum, oui pardon, c’ etait quoi la question???
Comment on la ressent la crise?
Eh bien pour ceux qui contrairement a toi sont/etaient/ne veulent etre que salarie, la crise il la ressentent comme l’ epee du lac au-dessus de leur tete, plus proche du retour que du credit a VCB pour l’ appart.
J’ en connais qui ont virer les 3/4 de leur staff.
J’ en connais aussi 3/4 qui cherchent du taff…
Une amie patronne d’ un cafe/resto n’ a plus de client depuis 3 mois…
La bonne nouvelle est que d’autres ont vu leur proprio spontanement baisser leur loyer. Meme la mienne me l’ a proposer.
Maintenant, il y a les mecs que Wall Street qui prevoient une inflation pour le VN. Ils sont trop sympas les mecs, quant on sait ce que Madame Soleil ne leur avait pas dit.
juillet 11, 2009 à 7:45
Ok, tu me confirmes donc bien qu’à Hanoï l’activité économique se resserre. Quand tu parles de licenciement des 3/4 du staff, dans quel domaine ?quel niveau de formation ?
Ici je ne connais rien de tel, et les cafés “haut de gamme” continuent d’ouvrir et de se remplir tous les soirs… Le bureau des stats prévoit une croissance de 11% à Cần Thơ pour 2009.
Je me suis rendu compte qu’on payait plus cher dans un bar à Cần Thơ qu’à Saïgon…
Pour Beat It, il y a une très bonne reprise des Fall Out Boy que j’aime bien.
juillet 10, 2009 à 11:57
les mecs que Wall Street :
les mecs de Wall Street
juillet 12, 2009 à 10:54
Déjà pour qu’une crise soit ressentie, encore faut-il qu’il y ait une économie…Sûr que le Japon qui a une économie tournée vers l’export doit plus souffrir que le Vietnam.
C’est vrai qu’on ne ressent pas la crise comme dans les pays développés (Europe, Japon, US), mais peut-être n’est-elle pas aussi bien relayée par les médias et par la rue. Les restaurants ne remplissent-ils pas toujours la même clientèle de privilégiés, celle que nous croyons être représentative de la masse ?
Les loyers ne baissent pas, mais il s’agit d’un micro marché (encore que mon proprio a accepté de passer de 600 à 500 $). Les voitures se vendent bien, comme le souligne un article de Vietnam net alors que dans le reste du monde, c’est l’inverse…mais ne concerne t-il pas, là aussi, un marché réduit ?
Je pense que l’économie vietnamienne est finalement peu dépendante de la crise actuelle car la structure de sa production est composée principalement de matière première ou agricole.
Le tourisme est touché mais ne représente pas un secteur trop important, me semble t-il et la main d’oeuvre assez flexible.
Enfin, j’attends vos commentaires sur la question
juillet 13, 2009 à 7:50
Salut!
Je pense que le VN est plus tourné vers l’export que le Japon. C’est vrai que la balance économique viet est déficitaire, mais la demande intérieure pour les produits que l’on fabrique (ceux à forte main d’oeuvre) est faible. Ce qu’on importe c’est de la high-tech est des voitures (forte VA), mais en cas de crise on peut s’en passer… Pour la bouffe on est auto-suffisant, mais au niveau économique (en comptant en USD), ça ne représente rien.
Aux derniers chiffres que j’ai lu dans le journal, le tourisme employait directement ou indirectement 20% de la population active.
Quand je parle des bars et restos qui ne désemplissent pas, je parle de ceux où je vois mes voisins aller. Ceux qui habitent dans 30m2 pour 6 et gagne 3-4M VND par mois pour toute la famille. Le prix d’un repas dans ces restos est de 50.000VND environ par personne, suivant le nombre de caisses de bières vidées. C’est une journée de salaire mais ils y vont plus d’une fois par mois.
Les “quan com” à 15.000 VND / phan sont toujours aussi pleins aussi, mais c’est plus dur à juger. 300 repas ou 200 repas par jour on ne voit pas différence à l’oeil nu.
juillet 13, 2009 à 11:50
Eh bien la crise, à Saigon, je trouve qu’on la ressent quand même…
Le prix des hôtels a sacrément baissé, et les taux de remplissage sont bas ;
Beaucoup de petites usines ont fermé leur porte (japonais, taiwanais …) sur tous les secteurs tournés vers l’export ;
Les jeunes ne trouvent plus aussi facilement de boulot à la sortie de l’université, et il n’y a plus de flambée de salaires sur les postes recherchés, comme en 2007 et 2008 ;
Même dans le secteur agricole relativement épargné c’est vrai, certaines filières ont pris une claque (poisson), le riz et le café ne sont plus trop à la fête.
Le Vietnam moins touché que d’autres pays sans doute, mais touché quand même.
juillet 13, 2009 à 7:35
Commentaire intéressant, mais concernant le prix des hôtels, n’avaient ils pas le plus augmenté en 2008 comme le révèle les études comparatives régionales ? En fait, la crise a bon dos, mais déjà avant qu’elle se déclare, les touristes avaient déjà pointé l’augmentation des prix des prestations touristiques vietnamiennes comme étant les plus élevées de la région (l’augmentation)…
Je ne savais pas que des usines asiatiques se mettaient à fermer car j’aurai davantage imaginé que la crise accèlèrerait les délocalisations vers les pays à plus bas salaires comme le Vietnam. Compte tenu des bas salaires ouvriers au Vietnam, le pays reste très attractif malgré les loyers de bureau les plus élevés de la zone.
Reste que le commentaire initial est pertinent, la crise n’est pas vraiment visible au quotidien comme elle l’est dans d’autres pays. Finalement peut-être qu’une Presse bien encadrée et l’absence de revendication permet d’atténuer les “sentiments” de crise que l’on connait en France…
juillet 13, 2009 à 8:01
Le prix des hôtels a effectivement flambé en 2008, +75% pour certains, en rompant des contrats signés et des réservations payées.
Si on estime que l’inflation était de 25%, ils peuvent bien descendre de 30% ou 50% sans se faire trop de mal.
On ferme d’abord les usines où c’est plus facile de les fermer : et c’est pas en France, mais en Irlande, en Chine et au Mexique.
Même le VN où le coût global de production est parfois plus élevé qu’en Chine, on ne ferme apparemment pas tant que ça. La qualité de production est apparemment meilleure.
En plus, ce qui s’est prix une grosse claque c’est le superflu : la 4e télé LCD pour mettre dans le garage, le téléphone mobile pour le chien, le GPS pour le vélo du gamin… et ça c’est pas fabriqué chez nous.
juillet 14, 2009 à 9:26
En fait, cette “non visibilité” de la crise au quotidien est valable partout. Je reviens d’une semaine à Paris, et franchement tu ne te rends compte de rien : les terrasses des cafés sont remplis, les gens font les magasins… C’est une crise pernicieuse, c’est pas comme en 29 où des centaines de personnes attendaient dans les rues avec des panneaux pour trouver un job.
Pour les vietnamiens l’effet de la crise est atténué aussi un peu par le tassement des prix (alimentaire, loyer). C’est vrai qu’ils ont presque plus souffert en 2008 pendant la flambée des prix.
Crise peu visible = crise durable ?
On verra…
juillet 13, 2009 à 7:54
Commentaire intéressant.
Dans la presse et à la télé on parle d’ailleurs du fait qu’à Binh Duong il y a une augmentation de la prostitution et des vols. Est-ce que la presse raconte ce qu’elle voit ou véhicule un message politique ?
C’est aussi visible à Saïgon dans les rues m’a-t-on dit, beaucoup de jeunes femmes offrent leurs services. Moi ça fait longtemps que je n’ai pas passé la nuit à HCMV…
juillet 14, 2009 à 9:57
C’est un peu normal qu’on ne le voit pas en France : la protection sociale et le système bancaire nivelle. Même licenciés, les gens touche le chômage, peuvent avoir un petit découvert à la banque ou avec les cartes de crédit et les “quatre fois sans frais”.
Les médias surréagissent et les gens prennent peur, mais dans le fond je ne pense pas qu’ils “ressente” la crise.
Ici quand il n’y a plus d’argent qui rentre, c’est du jour au lendemain.
En plus, au moins à Can Tho, je n’ai pas vu de tassement des prix. Le riz est toujours aussi cher, le lait aussi. L’essence et le gaz ont baissé un peu par rapport à il y a un an, mais l’électricité a monté.
Pour les loyers, à ma connaissance les “nha tro” loués aux ouvriers du coin ou étudiants sont toujours aux mêmes prix. Et il s’en construit des dizaines autour de chez moi.
juillet 14, 2009 à 12:02
Super, le sujet qui ravive enfin un bon blog tombe dans l’oublis! ;o)
Je pense qu’il se passe au Vietnam ce qui se passe un peu partout, apres une belle depression en 2008, depuis le debut de l’annee on a vu un rebond de l’economie. Les actions se sont par exemple apreciees au Vietnam de plus de 87% depuis fin Fevrier 09 ( a la mi juin on a meme vu un top de +125%!!). L’immobilier a fait de meme, et un peu partout das le monde on a vu des mouvements similaires. (J’ai perso du mal a croire que ca soit rationnel tout ca…)
Bref, rien d’exceptionnel que ca aille mieux au Vietnam.
Ceci dit, desole d’etre pessimistes, mais a mon avis l’embelie ne va pas durer, le Vietnam est extremement dependant de l’export et de la speculation locale, et ca ne presage rien de bon. La comparaison avec la crise de 29 tiens, il y a eu de multiples rebonds pendant 238 mois avant de vraiment rebondir…
juillet 16, 2009 à 8:10
Le problème des marchés financiers vietnamiens (mobiliers et immobiliers), c’est qu’ils sont de taille très très restreinte. Du coup les rebonds sont toujours très violents.
En plus, les voeux pieux du gouvernements ou de milieux influents relayés au travers de la presse réussissent souvent à faire se retourner le marché.
Cela dit, structurellement le Viêt-Nam a encore toutes les cartes en main pour réussir et son retard de développement en terme d’équipement, d’outil industriel ou de logement fait que la croissance devrait rester positive sur le moyen terme.
juillet 14, 2009 à 11:41
Un grand merci à CPD grâce à qui ce blog est toujours vivant (heum, heum).
Question crise, de ce que j’en ai vu, la France est bien imprégnée. Le mot apparaît au coin de chaque phrase comme une sorte de litanie scandée pour éloigner de soi le mauvais sort et justifier tout et n’importe quoi.
Ce que le gouvernement ne se prive pas de faire. On peut s’attendre à voir justifiées toutes les mesures bien à droite grâce à ça. Par contre, le seul truc de gauche que ça a permis, c’est la mutualisation des pertes. On arrête pas le progrès social…
Je conseille la lecture du dernier numéro d’Alternatives Économiques pour voir le modèle français face à la crise et les raisons de son apparente résilience.
juillet 16, 2009 à 7:31
Bonjour très estimé Tôm Càng. Désolé de ne pas avoir répondu plus tôt mais je n’arrivais pas à m’asseoir plus de 5 minutes devant l’écran (face au clavier) avant d’être appelé à autre chose.
En fait, n’y voit rien de désintéressé dans mon dernier billet, le but est bien entendu de rafraîchir ton blog dans Google parce que dessus il y a des liens qui pointent vers mes sites…
C’est vrai qu’en France on a cette culture de “la crise” qui permet d’expliquer tout et son contraire. C’est d’une très grande utilité politique, surtout pour ne rien faire ou faire passer des mesures qui n’ont rien à voir.
La très grande imprégnation par les médias fait aussi que même les populations non touchées par des mesures économiques ont l’impression de ressentir cette crise.
Je vais essayer de mettre la main sur Alternatives Economiques, mais d’ici c’est pas gagné d’avance. Et ces derniers publient peu d’articles récents sur leur web…
août 28, 2009 à 7:49
Bonjour,
Si je peux me permettre, et en tant que non spécialiste en économie, je voudrais faire remarquer une chose.
Evaluer la crise par rapport au prix des services hoteliers, ca peut marcher, mais franchement, ça ne dit pas tout.
En tant que non spécialiste en économie, j’ai tendance à ne rien y comprendre. Par contre, je parle vietnamien courament et je vis dans un quartier pauvre de Sai Gon… Et je peux vous dire que le pris des hôtels, là bas, non seulement on en entend pas parler mais en plus on a un peu rien à faire…. L’inflation (réellle, par rapport à celle officielle) est de plus de 20% !
Il suffit juste de prendre un taxi ou même d’aller remplir sa moto d’essence pour en sentir un peu les effets : rien qu’en Juillet, ça a augmenté de 700 vnd. Pour certains d’entre nous, si on calcule en euros, ca fait peut être rien, mais je vous assure que pour beaucoup d’autres, c’est déjà pas mal.
La nourriture à beaucoup augmentée aussi (surtout la viande).
Bref, la crise touche principalement toujours les même : ceux qui ont peu de tunes ou qui en ont juste ric et rac…
Et je confirme ce qu’à dit Eric : trouver du boulot est de plus en plus difficile et la tendance est à l’augmentation des licenciements “économiques”…
Mais, et je le répète, je témoigne en tant qu’habitante du Viet Nam, ne cotoyant pratiquement que des Vietnamiens, et je serai aussi bien incapable de lire et comprendre ces gribouillis étranges que l’on nomme “la bourse”.
Bien à vous.