afk* pour cause de couvre-feu

*away from keyboard : acronyme utilisé par les joueurs de jeu de rôle online pour signifier que l’on est pas présent ‘in game’

[Pour couper court à la discussion 'par où t'es entré, on t'a pas vu sortir' disons que j'étais en vacances prolongées question blog. Et qu'il est possible que le syndrome Hibernatus ne me reprenne aussi sec :) ]

La guerre ouverte est déclarée, sus aux jeux online qui transforment la fine fleur de la nation en légumes décérébrés (pléonasme certes, mais si plaisant) aux yeux exorbités et aux jointures douloureuses (l’index surtout). Emboîtant le pas à la Corée plutôt bien dotée question junkies du LCD, un texte de loi en préparation ces jours-ci indique qu’il sera désormais possible aux comités populaires provinciaux de réguler les horaires des cybercafés et de les fermer après 22h.  Au-delà les serveurs devront expulser les joueurs connectés depuis plus de 3h. Ici on fait le distinguo entre jeux dits simples (échecs chinois pour ne pas les citer, auquel on peut jouer 24/24), les jeux créant une tension nerveuse par leur caractère interactif (les MMORPG en gros comme World of Warcraft) et les jeux culturels ou éducatifs online (alors là, je n’ai pas d’exemple en tête mais un jeu permettant de bouter les envahisseurs de tout poil hors du pays serait bien accueilli, problème étant que ce type de jeu n’attire pas grand-monde).

Bizarrement le tir en direction de la cible principale (le fléau social qu’est le jeu en ligne) se disperse avant impact en égratignant à peine les poids lourds type Vinagame et leur panel de jeux made in China. Il est maintenant par contre conseillé de faire des produits du terroir et plus uniquement se contenter de localiser (i.e. traduire) des jeux étrangers. Et pan. Ensuite il faudra enregistrer les jeux un an avant leur lancement. Re-pan. Ensuite les licences pour les nouveaux entrants seront distribuées au compte-gouttes. Et pan-pan-pan. Concentration du marché, réflexe protectionniste mais avec au final une incitation à produire des jeux locaux. Là où les Coréens proposent de l’aide à la recherche next-gen et aux petites entreprises, alors même que de nombreux systèmes existent pour contrôler l’accès des adolescents, on préfère limiter le nombre de concurrents sur le marché.  C’est la méthode du gentil panda avec le joli marteau : moins de monde au portillon, ça fait moins de doigts à écra taper. Ça permet aussi de faire d’une pierre deux coups : montrer que la lutte contre la vilaine pratique addictive est menée d’une main de fer tout en récupérant les dividendes de l’autre.

Une méthode radicale serait de n’autoriser que les jeux à vocation éducative/culturelle, là au moins on est sûr de sevrer tout ce petit monde. Une fois le serpent de mer online étranglé, on pourra alors s’attaquer au  fléau de l’addiction offline : celle qui coûte des milliards de dong en productivité à l’administration de l’Etat et justifie l’achat de PC flambants neufs, j’ai nommé le morpion et son immonde complice le solitaire. Car vu le nombre de fonctionnaires qui s’y adonnent pendant les heures de travail malgré l’interdiction officielle, des groupes de soutien psychologique s’imposent.

Allez co lên, co lên. Le texte n’est pas encore appliqué ni même adopté.

TC

A noter aussi aujourd’hui : il y a manif contre l’école française, ici la vidéo.

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Classé dans Actualités, Bobos Sociaux

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