février 24, 2008

Le 4ème pouvoir (de nuisance)

On en connait qui passent leurs journées et leur année à se balader en tong, à se gaver de banh cuon, pour qui la vie déroule son cours heureux au milieu d’une ribambelle de petits n’enfants eurasiens, sous le soleil de Saïgon.

Et bien, on est persuadés en notre for intérieur -et c’est notre discrète et unique revanche- que ces nantis, ces privilégiés des antipodes éprouvent parfois comme une frustration, que leur bonheur n’est pas parfait. Leur manquent forcément de temps à autre des paysages du terroir natal, l’entêtant fumet d’une spécialité cuisinée par maman ou peut-être la glorieuse presse française, si difficile à trouver parfois sous certaines latitudes.

Les veinards, un journal français a pensé à eux, qui vient de réaliser une parfaite synthèse de la production de la presse française de ces 9 derniers mois. C’est là.

Voilà, comme ça, ils sauront pourquoi, les veinards, on dit parfois que la France actuellement c’est un peu la Corée du Nord et pourquoi depuis plus d’une année on ne lit plus que « So Foot » et « L’Histoire ».

Et ils goûteront d’autant plus leur bonheur, les exilés volontaires.

Quant à Albert Londres qui, dans la préface de « Terre d’ébène », écrivait « je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie », cela doit faire un moment qu’il a du se retourner dans sa tombe, le pauvre.

Phở Bò

février 18, 2008

Impressions soleil couchant

Le plus étrange, 48h après avoir quitté l’aéroport Than Son Nhat pour le « pays des chauves speedés » (1)…

 

  1. … ce n’est pas le sentiment de redevenir un rat métropolitain, un voyageur des souterrains panaméens

  2. … ce n’est pas la (re)découverte d’une presse française combative (« Paris Match : notre cahier spécial de 20 pages sur carla et nicolas » , « Elle » : nos conseils beauté pour la 1ère Dame ») voire virulente (« Le Point » : Sarkozy : ce qui cloche »)

  3. … ce n’est pas l’atroce fatalité de devoir recroiser dans le REuReu les sympathiques figures de cailleras à cannette 8-6 et casquette Louis Vuitton tombée du camion

  4. …ce n’est pas le fascinant spectacle des faces chiffonnées des parigots tombés sans transition du dodo au métro

  5. …ce n’est pas la désagréable morgue des gros Français baladant dans la rue leur bedaine de repus – surtout quant tu te souviens du sourire des deux petites en pyj’ rose sur cet ilôt du delta du MékongViktor Lazlo cette fois en pyj’ rose et sans son canoe

  6. … ce n’est pas de s’apercevoir que sous ces latitudes la majorité des nanas n’a apparemment pas une taille 34-36 ni des attaches de cheville ultra-fines ni un port naturellement altier…

  7. … non, le + étrange, quand 2 jours + tôt tu étais dans la Saïgon effervescente, c’est de te retrouver station « Opéra » en costard cravate à 8h du mat’ et de te dire que non, décidément, ta vraie place n’est sans doute pas pas ici - so far away de la contrée où on est tous le « petit frère » ou « l’oncle » de son voisin.

Phở Bò

(1) spéciale dédicace à vous, frères Podalydès, qui à la fin des 1990’s, avez su créér un bijou cinématographique de poésie tendre et hilarante (« Dieu seul me voit »).

février 16, 2008

Au Viêtnam

Léon Werth, Roland Dorgelès et Albert Londres ont, dans les années 20, ramené de leur périple en Indochine des ouvrages quelque peu mythiques (Cochinchine, Sur la route mandarine, Visions Orientales) dont la lecture peut violemment exalter l’imaginaire de p’tits Français - a fortiori de province.
Alors quand un de ceux-ci, ayant grandi et beaucoup lu, se rend au Viêtnam et confronte au mythe la réalité, du million d’images et d’impressions glanées, il peut extraire une petite vingtaine de modestes vignettes façon « je me souviens »…

 

  1. … Une bruine d’un froid pénétrant vous accompagne l’hiver au cours de vos déambulations dans les 36 rues historiques au charme suranné du vieil Hanoïrues d’Hanoi

  2. … des souffles d’air chaud vous accompagnent l‘hiver dans les larges avenues bordées de gratte-ciels de Saïgon en permanente ébullition

  3. … à l’arrière des vespas rouge carmin , les élégantes de Saïgon montent en amazone, pieds nus dans leurs escarpins vernis, une capeline intégrée dans leur casque de moto

  4. … sur leurs scoots pétaradants, les élégantes d’Hanoï , en cache-nez ou col roulé, portent des masques anti-pollution « kawaï »

  5. … sur leurs grands vélos noirs , les collégiennes d’Hué, en ao dai blanc, ont un port de princesses - et ce n’est pas un cliché pour « tay ba lo »

  6. … on peut être subjugué par l’intemporalité et la sérénité qui émanent du site du mausolée de Thieu Tri visité, seuls au monde, après avoir traversé les rizières vert irréel de la campagne d’Hué

  7. … des rivières, des grottes et des pagodes ont pour nom des parfumsdragons

  8. … mille dragons ornent les toits des pagodes et des temples, les escaliers de pierre moussue, les vases de porcelaine et les urnes en bronze centenaires de la cité interdite d’Hué

  9. … tout le monde sait que c’est un dragon qui a créée la baie d’Halong et on ne connaît le Mékong que sous son vrai nom : les « Neuf Dragons »

  10. …on peut voir dans de morbides musées des photos de Vietnamiens à qui les Américains plantaient des clous dans la tête entre 1965 et 75

  11. …on se demande fréquemment s’il existe des habitants ayant plus de 30 anspays de jeunes

  12. …sur les billets de banque riquiqui comme sur les panneaux 4mx4m au coin des rues, la débonnaire trombine de l’oncle Hô est légèrement omniprésente dans la vie quotidienne

  13. …on a parfois le sentiment que si la notion de recyclage des déchets était connue des habitants, l’ensemble du pays pourrait être classé au patrimoine mondial Unesco

  14. … il n’y a pas une, mais deux baies d’Halong, c’est dire

  15. …une des meilleures bières s’appelle ba-ba-ba mais on ne doit pas poser à 3 sur une photobaguette

  16. …c’est le paradis pour les gastronomes en culottes courtes et les esthètes de la baguette

  17. …sur les tables de tous les restaurants, on trouve des cure-dents, qui ne sont pas là pour faire joli

  18. …sur les bas-côtés de l’ancienne « route mandarine », au Sud, on peut voir des hamacs tendus entre 2 cocotiers, tandis qu’au Nord, des millions d’êtres humains s’activent frénétiques dans une vie qui semble de misère

  19. …dans la campagne entre Phat Diem et Hanoï, on voit toujours des paysannes pliées en deux dans la rizière, de la boue jusqu’à la taille

  20. … manger se dit « manger du riz »

  21. …on peut facilement mettre 3 heures pour faire 6 kilomètres en voiture, la veille du Têt

  22. …et on peut siroter, chez Fanny, un verre avec deux tontons Pháp dont on a mis depuis longtemps le blog dans la liste des favoris.

 

Au Viêtnam, évidemment, on reviendra.

Phở Bò

février 12, 2008

A nos vingt ans

anos20ans.jpg

Voilà un roman qui dépote : A nos vingt ans, de Nguyễn Huy Thiệp, (titre original : Tuổi 20 yêu dấu). Khuê, vingt ans, viré de chez ses parents, raconte ses pérégrinations à travers le Hà Nội contemporain dans lequel il ne fait pas bon être sans le sou… Rencontres avec la came, la prostitution, la mort. C’est un véritable conte initiatique qui - allez, osons le dire - est aussi important, d’un point de vue “vietnamien”, que Sur la route de Kerouac. Bien sûr, le livre n’est pas publié en vietnamien… Les censeurs n’ont pas dû apprécier certains passages qui mettent en pièce certaines institutions comme les médecins, les professeurs d’universités et même l’Assemblée Nationale : “J’allume la télé, il y a une retransmission en direct d’une séance à l’Assemblée. Les députés piquent du nez. On est en train d’ergoter sur les termes d’un article de loi. L’embrouille totale. Je vous dis, c’est la gestion du pays tout entier qui vasouille. Le peuple est en train de se leurrer, ça fait pitié à voir, les gens ont placé leur foi dans une bande de crétins qui puent”.

Quand on disait que ça dépote. VS.

A nos vingt ans, de Nguyễn Huy Thiệp. Traduit du vietnamien par Sean James Rose. Editions de l’Aube.

février 5, 2008

Charité bien ordonnée

Voila une nouvelle qui va ravir les Français qui peinent comme des fous a faire reconnaitre leurs épousailles vietnamiennes par les autorités consulaires :

[Claude Guéant] a précisé que Carla Bruni, d’origine italienne, “sera française” car “quelqu’un qui épouse une personnalité française devient automatiquement français”

Maintenant la question : qui peut se prévaloir du statut de personnalité pour pouvoir lâcher un pet retentissant sur la tête des autres ?

* celui qui dit Johnny dans le cadre d’une adoption récente gagne 10 graines de pastèque grillées.

février 4, 2008

Power to the Pipole

Je lisais récemment dans le magazine Esquire que plus de 50% des blogues crées quotidiennement n’avait pour seule et unique raison d’être que la satisfaction de l’égo de leur créateur. C’est assez normal si on s’attarde quelque peu sur la signification même du blogue. Le “moi je” en emplit complètement l’espace et l’idée d’un journal intime jeté en pâture a des millions d’internautes avide de sensations nouvelles est un pari reposant sur un axiome simple : étant programme pour nous intéresser au petit dej’ d’un pipole quelconque, mon propre menu est potentiellement aussi intéressant que le sien si je venais a me starifier en l’espace de quelques jours par l’un des moyens actuellement a ma disposition : starac, youteub, blogue, élections présidentielles 2007, etc. Beaucoup d’appelés et peu d’élus dit le dicton. Dans les faits, on note un élargissement notable de la population des appelés qui s’explique par une conjonction de facteurs médiatiques corrélés :

  1. la référence faite à sa liberté et sa propre importance clame a longueur de temps par la publicité (à différencier de la réclame) : en appelant constamment à la valeur intrinsèque de l’individu, la publicité élève la flagornerie à un niveau jamais atteint de puissance (a lire le pamphlet du groupe MARCUSE, “De la misere en milieu publicitaire”, Editions la Découverte)
  2. la conséquence en est ainsi un gonflement artificiel de l’égo menant à la croyance en la prédestination ou en sa propre supra-puissance au sein de l’espèce humaine,
  3. si cet égo ne peut être satisfait alors cela conduit inévitablement à une frustration des désirs de gloire,
  4. comme l’individu reste intimement persuadé de son caractère quasi-messianique, il rejette la faute sur son entourage, incapable de comprendre sa grandeur intrinsèque et de réagir en conséquence. L’illusion ne déprend pas.

La nécessité de la reconnaissance sociale poussée a son paroxysme suit la même logique que le loto : faire subsister l’espoir d’une ascension sociale basée sur la chance, vu que le déterminisme social tend à nous pousser vers le bas. Et donc quoi de plus normal que d’avoir un pur exemple d’égotisme décomplexé au sommet même de notre État, le Pre-disant de l’acmé-public. Chantons l’Hymen a la joie : après l’Autrichienne en son temps, voila venu le temps pour l’Italienne de faire honneur a la Lanterne (rassurez-vous pour elle, par forcement la même qu’en 1793). Les relents monarchiques sont-ils voulus ? Pour sur. La prochaine étape sera-t-elle l’auto-couronnement de Sarkozy 1er, Oint du Seigneur, à Reims en présence de Benoit XVI ? On pourrait le laisser accroire. Va-t-on tout faire pour rester hors de France encore jusqu’en 2012 ? J’en ai bien peur.

En tout cas, on a le Président qu’on mérite… Inculte, narcissique, hâbleur, menteur, félon, et arriviste : on ne pouvait guère rêver mieux comme avatar de la France. La télé-réalité dépasse la fiction… Merci Séguéla. Mais méfiance tout de même, cela pourrait donner des idées a d’autres.

TC

janvier 18, 2008

Việt Kiều Star System

Comme on ne déborde pas de Dustin et de Johnny Nguyen de par chez nous, on va sortir plutôt les N’guyen français du placard et les mettre à la lumière pour démontrer que, non, nous non plus, nous ne sommes pas en reste. Les nominés sont :

Le Chinois se rebiffe

Georges N’guyen Van Loc dit “Le Chinois” (aie ! ca commence assez mal…) vous salue bien après son triple kick balayette rotatif. Né en 1933 dans le quartier du Panier à Marseille et, selon la légende, tout petit déjà jouait aux gendarmes et aux voleurs avec la crème du grand banditisme dans la montée des Accoules. Ca lui a plus et il continue adulte au sein des forces de l’ordre et du pastis à traquer la vermine maffieuse. Les problèmes débutent avec son livre que vous pourrez vous procurer pour la modique somme de 17,10 €. Loc va ensuite jouer son propre rôle dans une série télévisée éponyme qui connaitra un succès digne d’un Navarro bridé. Promu pire acteur toutes catégories de sa génération (à l’exception peut être d’Yves Rénier dans le Commissaire Moulin), il a dégouté des générations d’acteurs de second plan du métier par son jeu unique qui réduisait toutes leurs interprétations à néant et instauré l’ère de la tirade à deux đông : “il y a quelque chose de pourri à Marseille” ou encore le cultissime “petit, ramène tout de suite cette mobylette là où tu l’as volée”. Très connu au Vietnam après que la télé française ait offert les droits de la série pour un bol de soupe à son alter-ego vietnamienne.

Coralie Trinh Thi, née en 1976, autre actrice célèbre franco-vietnamienne, quoique dans un genre différent que celui deGothico-Rally Bác Lộc, s’est distinguée dans le courant des années 1990 (Meilleure actrice française du X en 1995, Hot d’Or 1996 et 1998). Co-réalisatrice du film Baise Moi censuré en France, elle se tourne vers la BD et la littérature (Betty Monde en 2002, La voie humide et Osez la sodomie en 2007). Bizarrement assez peu connue au Vietnam qui a pourtant vite fait de faire participer toute moitié ou 1/4 de Việt à l’effort de modernisation, il semble que cette modernité là ne soit pas mise au même plan que le reste. A quand Coralie en chantre de l’éducation sexuelle pour les écoliers vietnamiens (dont je lisais récemment l’urgente nécessité) ? Actrice et auteure à ne pas sous-estimer donc et dont il serait bon de livre le livre autobiographique des fois qu’on s’intéresserait au parcours de cette égérie gothico-trash qui écoute encore les Sisters of Mercy. *

Marjolaine Bùi-Thế, 27 ans, élevée au bon grain de riz, elle, n’est pas a proprement connue pour son travail d’artiste mais comme star de Combien tu paries que je le casse le poteau, d’un coup d’un seul ?téléréalité bien qu’elle cumule quand même les fonctions de chanteuse (avec le tube intergalactique Geisha en 2004 dont mes esgourdes se souviennent encore en frissonnant) et d’actrice. Saigon Eclipse lui ouvre les portes du cinéma… euh viet kieu pour ainsi dire et la propulse star montante-qui-a-pas-encore-de-mari-vietnamien-cười-hi-hi face au public local en mal de gentilles VK filles-à-papa. C’est super, tout le monde s’éclate mais elle se prend les pieds dans le tapis (« Tôi có xem qua các bộ phim quay ở Việt Nam như Đông Dương hay Mùi đu đủ xanh… »). Comme elle n’a pas trop d’actu en ce moment (genre « je pars apprendre l’anglais avec mon boy-friend aux States »), on a toutes les chances de la voir débarquer à nouveau via TSN airport avec des projets qui vont casser la baraque. Cool, tant que c’est pas mes oreilles, c’est tout ce que je demande.

TC

*Dans la même catégorie -mais elle toujours en activité avec une nouvelle poitrine- Kastuni (ex-Katsumi) de 3 ans sa cadette est aussi métisse et a abandonné le professorat pour le cinéma mature.

janvier 17, 2008

De l’industrie du marriage avec les Occidentaux

Il y a plusieurs commentaires sur les couples mixtes ces derniers jours. Je ne suis vraiment pas expert en la matière, mais voici un petit essai romancé du vif et sarcastique auteur viêtnamien Vũ Trọng Phụng, qui montre bien que la question ne date pas d’hier. Ça s’intitule “Kỹ Nghệ Lấy Tây” (L’industrie du mariage avec les Occidentaux) et ça décrit les couples mixtes qui vivent dans les camps de légionnaires du Nord dans les années 20. C’est savoureux et parsemé de dialogues en Tây Bồi, le pidgin français-viêt parlé à l’époque pour les communications (sommaires) entre les Viêts non éduqués et les colonisateurs. Il existe une traduction anglaise, sous le titre “The Industry of Marrying Europeans”. Malgré les quatre-vingt ans qui se sont écoulés depuis, vous reconnaîtrez des couples que vous connaissez…

Gỏi Mít Non

janvier 14, 2008

Sous les phở de la rampe

L’excellente émission radiophonique Macadam Tribus vient de diffuser un court reportage sur le phở au Québec. Avec quelques inexactitudes et un prof Tây qui a de petits problèmes de tons, mais amusant tout de même.

Gỏi Mít Non

janvier 12, 2008

Avis aux frileux: tombez la pelure!

Sur un forum bien pensant*, un frileux s’interroge: “je voudrais savoir comment ca se passe pour s’expatrier definitivement au vietnam” Après un coup de sonde et un lien vers un document consulaire posté à l’époque par Tôm Càng (quel lècheur, celui-là!), il s’avère que notre forumiste est inquiet des procédures administratives.

Moi qui avais cru un instant qu’il voulait s’expatrier définitivement! Muer, laisser derrière lui sa vieille peau toute engluée de sécu, d’assedic, de droits et de paperasses. Sinon à quoi bon partir? Ou alors qu’il trouve un job d’expat’ et vienne s’enfermer dans un condominium. Il y retrouvera plein de gens pas dérangeants, ils pourront parler de coupe du Monde devant un Ricard, de politique hexagonale et de Carla Bruni. En rentrant en France, il pourra raconter son Vietnam –ca risque d’être un peu pauvre.

Quelles paperasses faut-il remplir? Il doit y en avoir tout plein. Pour lui répondre, oui, si tu demandes à un fonctionnaire, il va peut-être te dire qu’il faut mille paperasses (va savoir lesquelles), mais en réalité, c’est simple. Viens. Installe-toi, fais ta vie. Paperasse ou pas, à la fin on n’en est pas moins mort. L’idée est de remplir de vie le bout de temps avant. Alors crois-moi, frileux, les fonctionnaires, laisse-les causer derrière leur hygiaphone: ils y ont une vie à eux. Peut-être. Certains en réchappent.

Le frileux se justifie: il se méfie, forcément, trouve stupide et cher qu’un Suisse dont on lui a parlé ait à renouveller un visa au Cambodge tous les six mois. Mais mon ami on peut renouveller un visa sans quitter le Vietnam. Quant à aller au Cambodge, c’est $30 de bus aller-retour, $22 de visa cambodgien à la frontière plus le côut du visa Vietnamien, une chambre se trouve à Phnom Penh pour $10-15, et tu auras même 24 heures à tuer pour trouver un bon bouquin: Phnom Penh regorge de boutiques de bouquins d’occase, bien plus que Saigon. Ou manger une happy pizza sur le quai Sisowath, avec vue sur le Tonle Sap, ca te ferait voir la vie un peu plus en rose. Rien que ca, ca justifierait le voyage tous les 6 mois.

C’est clair que s’il est allergique au stupide, il risque d’avoir de l’urticaire en arrivant, au moins le temps de comprendre un peu ce qui se passe autour de lui.

L’homme s’inquiète si c’est vraiment possible à un Francais de venir au Vietnam et d’y rester pour de bon. Comme dirait KCA, et nous on fait quoi depuis si tout ce temps? (TC avait suggéré des actes de zoophilie contre nature) Est-ce pour de bon? Rien n’est définitif dans cette vie. En tout cas nombre d’entre nous n’ont pas encore exprimé l’envie de partir. S’installer au Vietnam, ca ne demande que trois choses: un passeport, un visa et un billet d’avion. Aller simple si c’est définitif. Après, 15 jours ou 15 ans, c’est vraiment une affaire de comment tu le sens.

On sait que c’est dur, de muer. Prends un billet et vas-y voir. Si tu pars, tu prends le risque de rentrer décu. Si tu ne pars pas, tu risques de le regretter toute ta vie et de te dire dans ta vieille barbe “et si j’étais parti…”

Je suspecte que mon frileux est en fait un jeune retraité qui veut se refaire une vie douce par ici, est-ce que ca change quelque chose à ce qu’on vient de dire? Rien. Il doit même pouvoir trouver à toucher sa pension par ici. Illégal? Je ne crois pas. Et même si ca l’était? Un départ définitif, au fond, c’est une affaire de vie ou de mort.

Après, il faudra qu’il vienne nous raconter ses déboires sentimentaux, qu’on s’amuse un peu. Là encore, je fournis les petites cuillers.

Nem Chua
* oui, celui-là. Rendons à César…